S'éveiller à sa Puissance Créatrice pour être pleinement Soi

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Pensées inédites – Abbé Pierre / Pour un monde plus juste

 

Extrait –
Chapitre Révolution

Les révolutions les plus énormes passent souvent inaperçues, du moins quant à leur ampleur et leur nature, et pour Pensées inédites Abbé Pierreceux qui les vivent. Sans doute en est-il ainsi de la révolution présente. Et pourtant elle est à coup sûr la plus considérable de toutes celles qui jusqu’ici ont marqué le mouvement du monde de l’homme.
Jusqu’ici à chaque grand tournant de l’évolution humaine, c’était pour le pouvoir de l’homme un passage de particulier à un autre particulier, plus vaste certes, mais encore partiel.

Aujourd’hui, sans presque que l’homme l’ait vu, son pouvoir soudain s’est trouvé étendu au tout. Désormais, c’est fait, il y a sur terre des hommes qui pensent et agissent mondial. Les problèmes de production et de répartition (…) et mille autres, des hommes les pensent et les décident à l’échelle de l’univers. La main de l’homme s’est ouverte à la taille du tout. L’homme a ce pouvoir. Il a aussi cette nécessité.

Quel problème important peut-il espérer résoudre réellement, s’il ne le résout universellement ? Aucun.
Et s’il a cru, à une plus courte échelle, en avoir résolu un, bientôt il le voit resurgir aggravé. C’est l’ère du tout ou rien qui s’est ouverte. Enfin, dans le même temps exactement, le progrès des recherches de l’homme penché sur le secret des forces de la matière lui a révélé l’énergie atomique. C’est-à-dire qu’il devient, il le sait, capable, si quelque étourderie ou la folie le saisit, de la détruire elle-même, radicalement, cette planète qui vient de lui imposer ses dimensions -qui vient de l’inviter à une grandeur nouvelle.
Tel est le fait. La question, la seule question qui dès lors est posée, elle est simple et tragique. La conscience de l’homme -prise de conscience et conscience morale- s’ouvrira-t-elle à la dimension de sa condition nouvelle?

Quand les choses de l’homme deviennent universelles, l’âme de l’homme, assez vite, assez vraiment, le deviendra-t-elle ? L’âme de l’homme et les institutions qu’elle crée. La guerre ou la paix, internationale et civile, la faim ou l’abondance, la culture ou l’ignorance, la survie enfin ou l’anéantissement même, tout cela a un prix.
Des hommes de toutes parts, en masses de plus en plus compactes, s’éveillent à cette conscience.

Savants et révoltés, chercheurs et laborieux de toutes sortes, affamés, tourmentés, tous ceux qui ne dormaient pas d’un sommeil d’âme morte, ils ont senti que la terre entière venait, comme une chose familière, de se blottir dans leurs mains enfin grandies.
Et, tâtonnant, allant à la rencontre des uns et des autres, d’Einstein, de ceux de l’Unesco, des fédéralistes aux internationalistes, ils cherchent comment éveiller leurs frères, leurs peuples entiers, leurs hommes d’État et leurs parlements, tous ceux qui sont responsables (…).
Comment les éveiller à la conscience de ce jour nouveau? Gagneront-ils? C’est-à-dire à temps? (…)

 

(Notes manuscrites prises pendant le voyage de novembre 1948 aux États-Unis puis réunies sous le titre « Tout ou rien », 1948)

 

 

 

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