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Qu’est-ce qui nous rend heureux dans notre activité professionnelle ?

 

Qu’est-ce qui nous rend heureux dans notre activité professionnelle ?

Posté par Danièle Péralez dans Bien Être en Soi, Blog, Être- Penser- Agir 02 Déc 2018

Les travailleurs les plus heureux sont-ils ceux que nous croyons qu’ils sont ?

Aurais-je pensé à écrire cet article si je n’étais arrivée un peu par hasard (!) sur l’enquête Conditions de travail* (Dares édition 2013) ?  Toujours est-il qu’en consultant cette enquête l’idée de cet article m’est venue comme une invitation à réfléchir sur la relation que nous entretenons avec le travail, et de m’intéresser plus spécifiquement à la valeur bonheur&travail si souvent oubliée car perçue comme antinomique.

Personnellement au mot travail je lui préfère celui d’activité, car dans l’esprit collectif le mot travail est associé à la pénibilité doublée d’une contrainte; à juste titre puisque travail en latin (tripalium) désigne un instrument d’immobilisation et de torture. Ce mot est donc connoté d’une charge négative associée à l’idée de corvée, de tâche, de souffrance, d’entrave, d’obligation. Rien de quoi sauter de joie.

Quand on sait l’influence inconsciente que la mémoire collective exerce sur notre perception de la vie, du monde, de notre vie et de tout ce qui la compose, on ne peut que se sentir invité à reconsidérer les grands sujets de la vie à la lueur de notre propre expérience inscrite dans le présent, pour nous affranchir d’un passé hérité qui n’est plus adapté à la réalité de notre époque.

La crise sociétale que traverse notre époque est une crise de sens. Plus que jamais nous ressentons le besoin, l’urgence même de comprendre le pourquoi de ce que nous faisons, ou des décisions que d’autres prennent en notre nom. Faire, oui mais pourquoi (pour quelle vision, pour quelle cause, pour quel projet d’avenir), et  pour quoi (pour quel résultat, pour quel bénéfice, pour quelle amélioration de notre qualité de vie). Cette crise nous pousse à ne plus réfléchir seulement au niveau individuel, mais de l’élargir au niveau collectif. En cela s’offre à nous un des défis de ce vingt et unième siècle.

Voici en synthèse quelques points de cette enquête qui ont retenu mon attention. 

 

Le niveau de bonheur d’un travailleur n’est pas tant lié à la rémunération elle-même, qu’au sentiment d’être bien, très bien, insuffisamment, justement ou injustement payé.  

On comprend bien que selon chaque individu le sentiment de rémunération va être apprécié de façon différente, en sachant qu’il va évoluer au cours de la vie selon l’âge, l’expérience et les besoins de chacun.

Derrière ce sentiment d’appréciation se joue la réponse à notre besoin de reconnaissance. Chacun de nous a besoin de se sentir reconnu dans ce qu’il considère être sa valeur. Malheureusement nous laissons souvent notre environnement extérieur définir cette notion de valeur. Dans notre activité professionnelle nous estimons notre valeur au regard de ce que nous recevons en échange de ce que nous faisons, créons ou produisons.

 

La valeur que nous nous reconnaissons est liée à l’estime de soi.  Certaines personnes ont des difficultés par exemple à demander une augmentation, ou n’osent pas augmenter le prix de leurs services parce qu’elles confondent leur propre valeur avec la valeur de ce qu’elles font, créent ou produisent. Ce sont des personnes qui pensent ne pas mériter plus que ce qu’elles ont, et qui ont pour habitude de dire de leur travail, de leur service ou de leur prestation : ça ne les vaut pas ou ça ne vaut pas plus que ça, ou bien encore ce n’est pas pour ce que ça m’a coûté ; elles sont souvent dans le don et la gratuité, ce qui ne les aide pas à élever leur estime d’elles-mêmes.
De la même manière une rémunération ou des tarifs élevés ne feront pas forcément le bonheur d’une personne, si celle-ci a peu d’estime de soi. L’argent reçu en contrepartie de son travail ou de ses services assurera à la personne une sécurité matérielle et une confort de vie, sans pour cela réussir à nourrir et à satisfaire un besoin profond d’estime de soi et de reconnaissance.

La reconnaissance est un besoin qui se nourri par un niveau élevé d’estime de soi. Seul voie possible pour éviter de créer une forme de dépendance vis-à-vis de notre environnement extérieur  (relations professionnelles, affectives, familiales, amicales).

 

Le bonheur au travail est lié au sentiment d’utilité

La deuxième observation qui ressort de l’enquête, c’est que le bonheur au travail est lié au sentiment d’utilité, indépendamment du niveau de rémunération. Le fait de se sentir utile est ce qui va donner du sens à ce que nous faisons.

Le sentiment d’utilité est un activateur de joie qui ne tient compte ni du niveau de qualification, ni de la nature de l’activité, ni de l’origine sociale ou culturelle. Lorsqu’une personne sent que ce qu’elle fait est utile, peu importe si elle occupe un poste à responsabilité ou pas, si elle exerce une activité  manuelle ou intellectuelle, qu’elle ait un haut niveau d’étude ou qu’elle soit autodidacte, le sentiment d’être à sa place est suffisamment puissant pour niveler ces différences et produire en elle un haut niveau de satisfaction. 

Lorsque nous nous sentons utiles, nous nous sentons à notre place, compétents, reconnus, valorisés, l’ascenseur émotionnel nous tire alors vers le haut ;  vers plus de joie, plus d’estime et de confiance en soi, plus de gratitude, plus d’opportunités et finalement plus d’abondance dans notre vie.

Il nous est plus facile et agréable de nous impliquer dans ce que faisons, lorsque nous savons pourquoi nous le faisons, que lorsque nous ignorons totalement la portée et l’utilité de notre geste ou de notre action. Lorsque nous exerçons une activité qui a du sens pour nous, quel que soit celui-ci, nous auto-stimulons notre motivation et donc nous élevons notre niveau de plaisir.

Un autre bénéfice lié au sentiment d’utilité est celui de la fierté ; à ne pas confondre avec l’orgueil ! Se sentir fier de ce que l’on est, de ce que l’ont fait, de ce que l’on crée devrait à mon sens être cultivé dès le plus jeune âge.  La fierté à l’inverse l’orgueil n’induit pas le sentiment de supériorité, de suffisance, de vanité, voire d’arrogance ; mais insuffle chez celui qui le ressent la reconnaissance de sa propre valeur et le sentiment de contribuer à quelque chose de plus grand que soi.

Le dépassement de soi face à ses peurs, à ses doutes, à ses résistances, à son manque de confiance est toujours source de fierté et d’inspiration pour d’autres, que l’on soit ouvrier, employé, cadre, dirigeant, paysan, artisan, entrepreneur. Nous pouvons apprendre à être fiers de nous-mêmes.

 

Le niveau de stress au travail n’est pas proportionnel au niveau de rémunération ou de responsabilité.

Le dernier point que je retiens est qu’en matière de qualité de vie, le fait d’être heureux dans son activité professionnelle impacte la qualité de notre vie en général.  Pour le dire autrement plus nous prenons plaisir à faire ce que nous faisons, plus nous trouvons de plaisirs dans la vie.

A contrario le stress, les conflits relationnels entre collègues, avec la hiérarchie, une trop grande pénibilité des tâches, ou une pression excessive face à des objectifs à atteindre sont des facteurs anxiogènes qui à moyen ou long terme font disparaître toute notion de plaisir au travail et peuvent mener jusqu’au burn-out.

Une observation qui peut paraître contre-intuitive, c’est que le niveau de stress au travail n’est pas proportionnel au niveau de rémunération ou de responsabilité ; il touche aussi bien l’ouvrier que l’employé, le cadre, le dirigeant, l’agriculteur, le médecin, l’enseignant, le chauffeur de taxi …. Si les raisons imputables au stress sont certes différentes et spécifiques à chaque situation, il n’en demeure pas moins que tout travailleur étant avant tout un être humain, les effets peuvent être aussi dévastateurs pour les uns que pour les autres.

Les facteurs humains liés à la considération, à l’écoute, à la confiance, à l’expression et au partage d’idées, à l’autonomie, à l’initiative sont ceux qui affectent le plus la personne dans son intégrité, sa dignité, son envie de donner le meilleur d’elle-même.

Le bonheur au travail est sans doute un des grands défis que notre société aura à relever dans les années à venir, pour aller dans le sens de la marche d’un monde qui va vers plus d’humanité.
Nous sommes tous acteurs de cette société, et à ce titre nous avons tous notre rôle à jouer et notre place à prendre pour relever ce défi !

 

*Conditions de travail  – Dares 

 

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