S'éveiller à sa Puissance Créatrice pour être pleinement Soi

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Oser se dire pour communiquer vrai

 

Oser se dire pour communiquer vrai

Posté par Danièle Péralez dans Bien Être en Soi, Blog, Être- Penser- Agir 20 Fév 2018

ou Comment créer les conditions d’une communication authentique et bienveillante

Lorsque j’étais jeune enseignante je cherchais comment je pouvais instaurer avec mes élèves une communication de personne à personne, qui ne soit pas perçue par eux comme uniquement nourrie par la relation professeur/enseignant/enseigné.  J’ai trouvé de précieux éléments de réponse dans la lecture des travaux de Carl Rogers, de Thomas Gordon, de Marshall B. Rosenberg, et j’ai ainsi découvert à travers ces trois grands noms de la psychologie, les principes fondamentaux et les vertus de la Communication Non Violente© (CNV).

Par la communication nous entrons en relation avec l’autre et créons ensemble un lien au travers duquel nous pouvons échanger des informations, exprimer nos émotions, nos sentiments, nos ressentis, nos besoins, nos demandes, comprendre l’autre, apprendre, transmettre. Nous utilisons principalement deux modes pour communiquer; le premier emprunte la voie du verbe, des mots, de la parole, de l’écrite, nous parlons alors de communication verbale Mais nous utilisons aussi d’autres moyens pour communiquer, il suffit d’observer un bébé  ou un jeune enfant qui n’a pas encore développé l’usage de la parole pour en prendre conscience. Nous communiquons par les postures de notre corps, de nos mains, les expressions de nos visages, le regard, les sons, les silences, notre respiration, le toucher. Ce sont tous nos sens qui sont activés dans la  communication non-verbale y compris celui de la perception extra sensorielle car nous communiquons aussi à travers nos pensées et nos rêves.

Selon les circonstances nous sommes amenés à communiquer de façon interpersonnelle (de personne à personne), ou en groupe (une personne face à plusieurs), ou bien encore en masse (notamment lorsque nous utilisons les médias, internet, les réseaux sociaux); les points communs à ces trois cadres de communication c’est qu’il y a toujours un émetteur (ou plusieurs), un récepteur (ou plusieurs), un message (ou plusieurs).

Depuis notre jeune enfance avons appris les règles de courtoisie, de politesse, puis nous avons reçu des enseignements dans diverses disciplines, nous avons même appris à communiquer dans des langues étrangères, et pour la plupart d’entre nous, nous avons appris de nouveaux langages souvent pour les besoins de notre activité professionnelle : langages informatique, commercial, marketing, managérial, financier, entrepreunarial.

Communiquer est une chose que nous faisons à longueur de temps et de vie, et cependant à quel moment de notre parcours de formation et de notre vie avons-nous appris à communiquer sur nos ressentis, nos émotions, sur nos besoins, à exprimer nos demandes, nos attentes de façon claire, efficace, authentique, respectueuse de soi et de l’autre ?

Entrer au coeur des processus de communication, comprendre les jeux et les enjeux qui se jouent dans l’échange verbal, entendre au-delà des mots les non-dits, les souffrances, les blessures ; apprendre à les accueillir avec empathie, prendre conscience de notre responsabilité dans l’échange, et mesurer le pouvoir de notre parole, ne sont quelques-uns des fondamentaux que nous devrions tous connaître et dont nous pourrions tirer de précieux bénéfices dans notre vie quotidienne.

Il y a quelques années j’ai cessé l’enseignement, mais je ne peux m’empêcher de regretter ce vide laissé à l’apprentissage des principes fondamentaux d’une communication qui repose sur l’observation (d’un fait, d’une situation), l’expression (d’une émotion, d’un ressenti, d’un sentiment), la reconnaissance (d’un besoin derrière l’émotion exprimée), et la formulation (d’une demande ou d’une attente par rapport au besoin exprimé); une communication qui allie respect de soi et respect de l’autre.

Combien d’incompréhensions, de mal-entendus, de disputes, de conflits,
de ruptures pourrions-nous éviter si nous prenions le temps de repenser notre façon de communiquer ? 

Combien d’énergie pourrions-nous redéployer vers des aspects créatifs de notre vie, et combien d’énergie pourrions-nous éviter de gaspiller en essayant de convaincre l’autre qu’il a tort et que nous avons raison, en portant des jugements, en critiquant, en adressant des reproches, en menaçant, en punissant ? 

Combien de moments de paix intérieure, de sérénité, de joie pourrions-nous retrouver dans une écoute ouverte, un dialogue bienveillant et constructif ?

En quoi notre vie deviendrai-elle plus légère, plus fluide, plus joyeuse, plus abondante si nous laissions tomber nos jugements, nos croyances, nos points de vue, nos considérations, nos limitations ? 

Il nous est parfois difficile de modifier nos comportements, nos attitudes, voire de renoncer à certains d’entre eux, car ils constituent pour partie la personnalité que nous nous sommes fabriquée. Nous sommes confortablement installés dans ce que nous sommes ou plus exactement dans ce que nous croyons être Et même si nous observons des dysfonctionnement dans nos relations, nous préférons penser que c’est à l’autre de changer, de faire des efforts, de nous comprendre, plutôt que de tourner le regard vers nous pour observer ce que nous pourrions modifier, améliorer, transformer. Notre plus forte résistance au fait de changer notre mode de communication tient à la peur d’être dépossédé d’une part de notre autorité sur l’autre, de notre légitimité.

La compréhension comporte un risque. Si je me permets de comprendre vraiment une autre personne, il se pourrait que cette compréhension me fasse changer. Or, nous avons peur du changement . Carl Rogers

Une personne qui par exemple est persuadée qu’elle ne peut se faire respecter qu’en élevant la voix, qu’en donnant des ordres, en proférant des menaces, et en distribuant des punitions marquera une forte résistance à changer sa forme de communication, car elle craindra de perdre le pouvoir qu’elle croit détenir sur l’autre. Si cette personne s’ouvre à une autre façon de communiquer, elle sortira d’un fonctionnement emprunté à son éducation, elle se libérera de sa peur de ne pas être respectée, et gagnera en confiance et en autorité naturelle.

L’autorité ne se gagne pas par la peur ou la menace exercée sur l’autre mais par le respect que l’on inspire en étant soi-même dans le respect de l’autre.

La communication consciente et bienveillante est tout le contraire de la négation de soi et de ses besoins, au bénéfice de ceux de l’autre ou des autres. Lorsqu’elle est comprise et intégrée, cette forme de communication ouvre un vaste champ de liberté pour exprimer mutuellement ce que nous sommes, ce que nous ressentons, ce que nous sommes en mesure d’accepter ou pas, au regard de ce que sont nos besoins du moment, et de proposer à l’autre une solution ouverte, de l’inviter à poser une action, à prendre une décision juste, au regard d’une situation qui nous concerne et nous engage.

C’est d’ailleurs ce que nous faisons à longueur de temps, mais le plus souvent en ayant l’impression de devoir nous justifier comme si nous étions en faute, avec le sentiment que nous contraignons l’autre, que nous lui imposons notre point de vue, ou notre décision.  Et lorsque nous ne parvenons pas à exprimer notre ressenti, notre besoin, ou lorsque ceux-ci ne sont pas accueillis, pas entendus, nous gardons au fond de nous notre déception et notre frustration qui se transforment en colère que nous vomissons plus tard à la moindre occasion, avec un goût amer de rancune.

Nos malentendus sont des mal-écoutés qui résultent eux-mêmes de mal-exprimés, de mal-dits et de non-dits. Nous pouvons apprendre à parler à la fois avec sensibilité, force et vérité. Thomas d’Ansembourg

Difficile de ne pas reconnaître que dans bien de nos relations, nous laissons s’installer les conditions du conflit à défaut de savoir comment instaurer une communication vraie et respectueuse de chacun. Nous parlons, parfois beaucoup, de tout, surtout des autres, de ce qui est extérieur à nous. Dans le cadre de nos activités professionnelles auxquelles ne l’oublions pas nous consacrons une grande partie de notre temps, à travers nos relations sociales, mais également dans nos échanges avec nos proches (conjoint, enfants, famille, amis …), nous échangeons des informations, nous commentons beaucoup, questionnons, donnons des ordres, adressons des critiques, des reproches, nous prévoyons, nous planifions, nous organisons, nous gérons le quotidien, la logistique, les finances …. Nous sommes dans une relation ou l’échange verbal a principalement une fonction d’utilité sociale, et qui est essentiellement tournée vers l’extérieur.

Nous pouvons voir là l’empreinte laissée dans notre mémoire, de quelques petites phrases entendues dans l’enfance, et qui d’une certaine façon ont conditionné notre parole, comme par exemple, parler pour ne rien dire, ne sert à rien ou encore si tu n’as rien d’intéressant à dire, autant te taire.
Même si les relations familiales ont beaucoup évolué en l’espace de quelques décennies, Il n’y a pas encore si longtemps dans les familles les enfants étaient rarement invités à s’exprimer pendant les repas. Beaucoup d’entre nous portons l’héritage d’une éducation où il n’était pas bien de se plaindre, de demander, d’exprimer ses besoins, ses préférences, ses désirs, ses émotions. Quant à l’école, elle aussi a contribué à faire que notre parole soit mesurée et juste, sous peine de faire l’objet de moqueries ou de s’entendre dire si c’est pour dire une bêtise, tais-toi.

Parler de soi, de ses ressentis, de ses souffrances et blessures, exprimer ses besoins, ses aspirations profondes, n’est pas une chose à laquelle nous avons été initiés, et il est donc ni simple, ni naturel, ni facile de le faire dans le cadre de notre vie quotidienne. Le fait que nous ayons besoin de recourir à une thérapie, à un accompagnement, à un groupe de parole pour pouvoir mettre des mots sur nos maux, du sens sur nos émotions, de la clarté dans notre vision, montre à quel point nous ressentons le besoin de combler la déficience d’une communication où le JE peut s’exprimer, être accueilli, entendu pour ce qu’il est sans se sentir ni jugés, ni coupables, et sans que nos propos soient soumis à des interprétations erronées souvent peu empreintes de bienveillance.

Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire un pont pour communiquer avec d’autres îles que s’il est prêt à être lui-même et s’il lui est permis de l’être . Carl Rogers

La communication consciente et bienveillante nous invite à recentrer notre attention sur nous-même, à nous relier à nos qualités de cœur, à nous réapproprier notre JE, de façon à accueillir le Tu avec bienveillance, et d’ouvrir un espace de liberté et d’expression au NOUS. Son approche est simple mais non simpliste, elle repose sur des principes qui se résument en 4 mots clés : observation, sentiment, besoin, demande.

Observer sans évaluer, sans juger ni critiquer

Nous observons de façon neutre un comportement, un fait une situation concrète qui affecte notre bien-être. Nous ne cherchons pas à décoder ce que nous observons, ni à l’interpréter, ce qui reviendrait à donner au fait observé la couleur de nos peurs, de nos déceptions, de nos espoirs, de nos projections, et donc d’ôter à l’observation toute forme de neutralité.
Cette observation neutre, nous invite à prendre conscience de nos mécanises de pensées (jugements, croyances, préjugés, à priori), de nos automatismes verbaux (oui mais, tu-tu-tu, c’est toujours, c’est jamais, c’est encore, aucun/e, tout ou rien, l’usage de l’impératif), de nos habitudes comportementales (déresponsabilisation, désengagement, attaque, défense, timbre de voix, expression du visage, bouderie, mutisme).

La porte de l’observation neutre et la prise de conscience permettent d’accéder au second principe de la communication consciente et bienveillante, celui de l’écoute des sentiments suscités par la situation vécue.

Identifier et exprimer ses sentiments sans responsabiliser l’autre, sans interpréter

Il est fréquent d’observer la différence d’approche lorsqu’on répond à cette question :
Comment te sens-tu ? ou Que ressens-tu face à ce que tu vis  (ou face à telle situation) ? 

(A)  Je sens qu’il faut que … Je sens que ça ne sert à rien de… Je sens que nous n’allons pas … J’ai le sentiment que je dois …  J’ai le sentiment d’aller dans le mur, d’être transparent, inexistant, de ne jamais y arriver. Je me sens sans talent.

(B)  Je me sens incompris. Je ne me sens pas reconnu, Je me sens délaissé, rejeté, manipulé.

(C)  Je me sens fatigué. Je me sens détenu, confiant, rassuré… Je suis déçu de mes résultats. Je me sens inquiet, submergé, découragé.

Lorsque nous parlons de nos sentiments et que nous croyons engager le JE, nous commettons parfois une confusion entre ce que notre mental perçoit comme étant un sentiment, mais qui relève plus de la pensée ou de l’opinion (A), entre les sentiments qui sous-tendent une responsabilité imputable à l’autre même si celle-ci n’est pas explicitement exprimée (B), et enfin entre les mots qui expriment un état d’être, un sentiment mais cette fois exempt de responsabilité projetée sur l’autre (C)

Le sentiment au même titre que l’émotion est un moyen précieux de reconnaître qu’un besoin (ou plusieurs) n’est pas satisfait. L’une et l’autre fonctionnent comme des avertisseurs, des signaux qui invitent à se poser, à regarder en soi ce qui demande à être entendu et qui ne l’est pas. Si nous prenons ce temps pour ressentir à l’intérieur ce qui se passe, nous évitons d’entrer en réaction contre ce que nous avons identifié comme étant à l’origine de notre mal-être. le premier bénéfice est de désamorcer la naissance d’une dispute, d’un conflit, d’une querelle; le deuxième est de reconnaître une souffrance et d’investiguer sur sa nature et son objet réel.

Apprendre à distinguer le vrai sentiment, de la pensée ou du sentiment-interprété est essentiel pour aller vers la 3ème étape du processus de communication. Tant que je suis dans l’impossibilité ou l’incapacité de nommer mes sentiments, je ne peux accéder à l’identification de mes besoins qui ne sont pas satisfaits et qui se manifestent dans l’inconfort de la situation ou de la relations que je vis.

Au moment d’exprimer nos sentiments nous sommes parfois amenés à constater que une limite dans le vocabulaire ou une imprécision des mots que nous employons pour décrire un sentiment ou une émotion.
Je vous propose à la fin de cet article un document que vous pourrez télécharger Des mots pour oser se diretiré du livre de Thomas d’Ansembourg, dans lequel vous trouverez des listes d’adjectifs pour exprimer avec précision vos sentiments.

 

Identifier nos besoins et les exprimer, sans les projeter sur l’autre

Nous avons souvent une connaissance erronée et très partielle de nos besoins fondamentaux que souvent nous confondons à des envies passagères, ou que nous ignorons tout simplement, parce que pendant longtemps il nous a été répété que s’occuper de ses besoins était faire preuve d’égoïste, et que la générosité consistait à comprendre et à répondre aux besoins des autres avant de s’occuper des nôtres.

Autre croyance largement répandue et qui découle de la précédente, est de croire que l’autre est celui ou celle par qui nos besoins doivent être satisfaits. De là nous imputons à l’autre la responsabilité de nos besoins non satisfaits ; la défaillance de l’autre fait de lui ou d’elle un coupable tout trouvé.

Si nous prenons le temps de prendre un peu de distance par rapport à ce schéma sur lequel nous avons bâti la plupart de nos relations, nous pouvons nous demander comment pouvons-nous être dans une écoute vraie et adaptée des besoins des autres, si nous n’avons pas cette qualité d’écoute pour nos propres besoins ? Comment pouvons-nous être disponibles et bienveillants pour les autres, si nous ne le sommes pas vis-à-vis de nous-même ? Comment pouvons-nous aimer l’autre et l’accueillir dans toutes les facettes de sa personnalité si nous ne nous sommes pas accueillis nous-mêmes dans notre vulnérabilité, dans nos contradictions, dans nos limites ?

La nature humaine est faite de telle sorte que nous avons des besoins fondamentaux* à différents niveaux de notre être. Je pourrai dire que tous ont une fonction spécifique et que tous concourent à notre maintien en vie, à notre développement physique, psychique, affectif, à notre intégration sociale, à notre réalisation personnelle,à l’accomplissement de notre Être dans toutes ses dimensions*.

Il est de nos besoins comme de nos sentiments ; si nous ne les avons pas identifiés, il nous est très difficile de les nommer et donc de les satisfaire de façon adéquate. Et comme nous sommes fortement imprégnés de la croyance que c’est à l’autre à répondre à mes besoins, sans que nous ayons même à les exprimer, eh bien nous avons-là les conditions pour créer dans nos vies la déception, la frustration, la colère, la tristesse, le conflit, l’incompréhension, le désespoir, le renoncement, la culpabilité.

La non-reconnaissance de nos besoins est ce qui rend très souvent la relation de couple difficile, pesante, conflictuelle, voire ce qui empêche certaines personnes de s’engager pleinement dans une relation de peur de se sentir absorber par les besoins de l’autre

Au niveau du couple ce sont souvent les besoins de sécurité affective (et/ou matérielle), de reconnaissance, de respect, d’amour, d’estime de soi, d’affirmation de soi, qui se jouent pour chacun dans la relation. Cette peur de se perdre dans la relation, Thomas d’Ansembourg la résume parfaitement dans cette phrase qui vient nous chercher dans notre propre challenge !

Comment être soi sans cesser d’être avec l’autre, comment être avec l’autre sans cesser d’être soi ?

Lorsque nous observons que nous avons des comportements excessifs (sur-activité ou procrastination), des addictions (travail, achats compulsifs, alcool, drogues, tabac, médicaments), ou que nous entretenons des relations toxiques, des dépendances affectives, nous devons comprendre que ces comportements masquent des besoins essentiels, de base ou fondamentaux qui ne sont pas satisfaits. Il arrive que nous refusions de voir nos déséquilibres intérieurs, soit parce que nous ne sommes pas prêts à affronter une réalité qui ne nous convient pas mais face à laquelle nous nous sentons impuissants, soit pour éviter de nous saisir de notre part de responsabilité dans ce que nous vivons et alimentons d’un point de vue énergétique.

Le seul fait de pouvoir nommer nos besoins marque souvent le début d’un processus de libération et de reconnaissance de nos dysfonctionnements. La parole aide à libérer une tension contenue parfois depuis très longtemps qui intérieurement nous mine, alourdit notre énergie, plombe nos relations, et menace à tout moment d’éclater.

Si vous craignez d’être catalogués comme étant une personne égoïste parce que vous prenez soin de vos besoins et donc de vous-même, dites-vous que lorsque nous nous donnons à nous-même l’autorisation de dire nos besoins dans une communication bienveillante, ouverte, constructive autant pour soi, pour l’autre que pour la relation, nous ouvrons un espace de liberté, dans lequel l’autre sait qu’il peut lui aussi exprimer ses besoins car ils seront accueillis sans jugement.

Exprimer notre besoin à l’autre – Formuler une demande précise, positive et ouverte.

Avez-vous remarqué que lorsque nous désirons parler de nous, de ce qui nous affecte, nous blesse, nous dérange, nous avons souvent du mal à utiliser le JE, c’est-à-dire à parler en notre nom, sans passer par le Tu-accusateur-responsable ou coupable de ce que JE vit.

Ressentez-vous ou entendez-vous la différence entre :

(A) J’ai besoin d’équité et de justesse, et je me sens triste, fatigué(e) et seul(e) face à la gestion de notre vie de famille. Je souhaiterais que nous puissions en parler ensemble. Qu’en penses-tu ?

(B) J’ai besoin que tu t’impliques davantage dans la gestion du quotidien, dans l’éducation des enfants, dans leurs activités, que tu sois moins souvent absent et accaparé par ton travail. 

Dans la première formulation (A) les sentiments (fatigue, tristesse, solitude) sont nommés, ainsi que le besoin (équité et justesse) derrière lequel on devine que cette personne considère que la répartition de la gestion familiale n’est pas équilibrée, que trop de choses reposent sur ses épaules, et que cette situation ne répond pas à son besoin d’équité. Elle propose une action (en parler), et ouvre sa requête en demandant à son interlocuteur ce qu’il pense de sa proposition.

Un besoin peut en cacher un autre. Si nous investiguions davantage nous pourrions découvrir que derrière le besoin d’équité et de justesse se dissimulent d’autres besoins, comme celui de la reconnaissance (de l’engagement et du dévouement pour sa famille) ou du respect de soi (de ses besoins, de ses valeurs).

Image associéeDans le seconde formulation (B) la personne n’exprime pas les sentiments qu’elle ressent. Quant à ses besoins, elle ne les nomme pas directement mais en transfert la responsabilité sur l’autre, sous forme de reproches, d’évaluations à peine dissimulés (manque d’implication dans la vie familiale, absence, indisponibilité).  Elle ne crée enfin aucun espace pour que la rencontre puisse se faire, puisque qu’elle ne fait aucune proposition ouverte.

Cette formulation risque d’inciter l’autre à entrer en réaction, plus qu’elle ne l’invite à chercher une voie de conciliation dans laquelle il pourra exposer son point de vue, exprimer ses propres besoins, en vue de trouver une solution. Se sentant attaqué il pourra nier, fuir, riposter avec violence, s’enfermer dans un mutisme, adresser à son tour des reproches, des critiques, des accusations.

La formulation de notre demande est sans doute le point le plus délicat dans l’art d’apprendre à communiquer de façon bienveillante, positive et ouverte. Car cela suppose de dépasser un certain nombre de peurs liées au fait d’oser se dire ; peur de la réaction de l’autre, peur de ne pas être entendu, compris, accueilli dans notre besoin, peur d’être jugé, d’être rejeté, peur de nos propres réactions, peur de perdre l’autre, peur d’affronter notre part de responsabilité.

Face à nos peurs, il n’y a qu’une réponse la vérité du cœur et de l’amour !

Si au moment de formuler notre demande nous sommes animés de la volonté de changer l’autre, de le contraindre à être ce qu’il n’est pas, ou de le faire plier à nos quatre volontés, alors notre demande à toutes les chances de ne pas être entendue, car l’autre ressentira cette intention et se fermera à notre demande.

Mais si notre demande portée par la recherche de la qualité de la relation, si l’intention qui nous anime vise la satisfaction de nos besoins respectifs, les nôtres et ceux de l’autre (ou des autres dans le cas d’un groupe), si dans notre intention nous avons intégré d’accueillir avec empathie, le refus éventuel de l’autre, et d’écouter de ce qui l’empêche d’accéder à notre demande, alors cet accent de sincérité sera ressenti par l’autre et accueilli comme une marque de respect et d’amour.

Aucun de nous n’aime recevoir des ordres ou que quelqu’un lui dise ce qu’il a à faire. Aucun de nous n’aime se sentir critiqué, jugé, évalué, menacé, réprimandé, manipulé, abusé. Aucun de nous n’aime se sentir culpabilisé ou qu’on lui fasse porter une responsabilité qui ne lui incombe pas. Rien que pour ces quelques raisons, nous avons à prendre soin de la qualité de notre communication, pour quelle que forme de relation que ce soit, à commencer peut-être par notre relation à nous-même. Car l’empathie commence par le fait d’apprendre à s’aimer soi et à se respecter dans sa diversité, dans ses contradictions, dans sa lumière autant que dans ses ombres, sans se juger, sans se critiquer, sans chercher de responsabilité extérieure, mais en se donnant les moyens et en ayant pour seule visée, celle de devenir et d’être la plus belle version de soi-même.

Des mots pour oser se dire  PDF en téléchargement

*Programme du Cœur de nos Besoins, à la réalisation de Soi

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Gordon_

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Rogers

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Rosenberg

 

 

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  • Bernadette 10 mai, 2017 at 5:55 / Répondre

    Merci infiniment Danièle pour ce très intéressant article sur un sujet qui me tient à coeur ; tes réflexions et tes illustrations sont très éclairantes pour comprendre l’usage de cette communication non violente au coeur de l’intime dans la communication avec soi même et les autres.

    • Danièle Péralez 10 mai, 2017 at 8:34 / Répondre

      L’art de la communication bienveillante et consciente n’est pas un art facile, car pendant une large partie de notre vie, nous avons surtout communiqué à partir de notre cerveau et de tout ce qu’il a ingéré. Aujourd’hui nous pouvons plus facilement emprunter le chemin du Coeur et de l’Amour pour que notre communication devienne vraie, bienveillante et respectueuse de chacun. Merci de tout Coeur Bernadette pour nos échanges profonds qui ont nourri ma réflexion !

  • Tasmetu 5 mars, 2018 at 4:11 / Répondre

    Merci pour tout ces gentils messages!

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