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Les 4 bonnes pratiques d’une organisation anti-burn-out

 

Les 4 bonnes pratiques d’une organisation anti-burn-out

Posté par Danièle Péralez dans Blog, Développement Personnel, Être- Penser- Agir 16 Juil 2015

Le stress au travail n’est pas une fatalité.

Stress, pression, objectifs sans cesse revus à la hausse, horaires décalés, réduction de personnel, compétitivité accrue, deshumanisation des échanges, incivilités, harcèlement ….  Voici la triste réalité que vivent de plus en plus de personnes dans leur environnement professionnel, sans toujours se l’avouer à elles-mêmes et sans oser en parler autour d’elles, de peur de perdre leur emploi, ou de ne pas être tout simplement entendues .

Ce n’est pas sans raison que le burn-out est en passe de devenir l’une des premières causes d’absentéisme, et pourrait bien venir grossir la liste déjà longue des maladies professionnelles.

Alors doit-on pour autant admettre qu’il en est ainsi, et se résigner à voir le travail comme un « instrument de torture » pour reprendre l’étymologie latine du mot tripalium ?

Et bien non, il n’y a pas de fatalité.
Si le milieu professionnel est devenu au cours des dernières décennies, le dernier espace où les gens prennent plaisir à être, à se réaliser, s’il s’est converti en source de tension, de stress, d’exploitation, de discrimination,  c’est parce que l’Être humain est totalement passé à l’arrière plan des préoccupations de la classe dirigeante , très loin derrière la recherche de rentabilité.

On ne s’intéresse plus à la valeur des gens, mais à combien ils coûtent, combien ils valent, combien ils peuvent rapporter.
Force est de constater que la loi de la rentabilité n’épargne aucun domaine, que ce soit dans le dans le secteur industriel, commercial, dans la finance, dans le monde de l’éducation, ou de la santé …, la rentabilité a pris le pouvoir absolu dans le monde professionnel.

Toutefois il y a une lueur d’espoir dans ce triste tableau, et celle-ci est portée par des chefs d’entreprise qui  ont compris tous les bénéfices qu’il  pouvait y avoir à ce que les salariés se sentent justement reconnus par toute personne dans l’entreprise quelle que soit la position occupée.
Ils savent à quel point un salarié heureux sur son lieu de travail aura envie de donner le meilleur de lui-même, et quel impact positif cette personne aura au sein même de l’entreprise comme à l’extérieur.

L’Entreprise Pocheco : un exemple d’organisation à dupliquer.

Je voudrai vous partager l’exemple de l’ entreprise Pocheco qui compte un peu plus d’une centaine de salariés. Située dans le Nord-Pas-de-Calais, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication d’enveloppes et de pochettes ; elle a été reprise en 1997 par Emmanuel Druon qui a su en quelques années installer une organisation du travail qui repose sur 4 clés essentielles : favoriser le bien-être au travail , donner du sens, cultiver l’intelligence collective, reconnaître à chacun sa place dans l’organisation.

1. Cultiver l’art du « bien-travailler »

Nous savons tous que pour toute forme d’éducation ou d’enseignement, ce qui est le plus porteur d’effets n’est pas ce que l’on dit, mais l’exemple que la personne qui éduque ou enseigne donne aux autres.

Pour faire vivre les relations à l’intérieur de son organisation avec le plus de naturel possible, Emmanuel Druon est avant tout resté lui-même. Un homme attaché aux valeurs en lesquelles il croit et qu’il défend.
Si vous ne souhaitez pas que vos salariés soient stressés, commencez par ne pas l’être vous-même.
N’hésitez pas à créer un environnement de travail dans lequel les personnes vont se sentir bien et respectées.
Soyez attentifs à la bonne qualité de la lumière, à l’harmonie des couleurs, à la propreté des locaux, à la protection sonore.
Proposez un espace de détente tel que vous aimeriez pour vous-même; et faites-le sans crainte de favoriser la paresse et l’abus.
Aménagez-vous pour vous-même un bureau qui ne ressemble pas à ces bureaux de chefs d’entreprise démesurés, froids et impersonnels.

Emmanuel Druon a opté pour une pièce à vivre où il est agréable de travailler : une partie salon, salle à manger, un tapis en laine bouclée, une bibliothèque et quelques variétés de thé, côtoient harmonieusement l’espace de travail à proprement parlé.

2. Donner du sens à ce que l’on fait.

Lorsque l’on interroge les gens sur leur relation au travail, ce qui revient comme étant le plus difficile à supporter sont : les conditions dans lesquelles ils exercent leur activité  (horaires, charge de travail, pénibilité des tâches, pression hiérarchique…) ; les écarts disproportionnés de rémunération ; et l’ennui.
Eh oui on n’en parle pas très souvent, et pourtant combien de personnes s’ennuient profondément dans ce qu’elles font, et ne trouvent aucun sens à leur activité, en dehors du salaire mensuel qu’elles perçoivent.

Comment peut-on s’épanouir, se réaliser, se sentir utile et valorisé lorsqu’on passe une bonne moitié de sa vie à faire quelque chose que l’on n’aime pas et dans lequel on ne trouve aucun sens?

Emmanuel  Druon a bien compris cela, et il s’est employé à développer une activité à la fois lucrative mais qui fait également du bien aux hommes et à l’environnement.  Son projet s’inscrit dans une démarche globale. Parallèlement à la fabrication d’enveloppes et de pochettes cartonnées, l’entreprise accueille deux autres activités à but non lucratif. Pocheco Canopée Reforestation qui œuvre au reboisement  du Nord-Pas-de-Calais , et la Maison de l’écolonomie qui permet aux agriculteurs locaux de se faire connaître et de vendre leur production.
Les salariés  se sentent impliqués dans ces deux activités exogènes à l’entreprise, puisque le bâtiment lui-même se trouve au milieu d’un verger entretenu par les salariés, et qu’ils ont été conviés à participer à la mise en oeuvre de toute une organisation  ayant pour triple objectif de limiter l’impact sur l’environnement, assurer la compétitivité de l’entreprise et améliorer les conditions de travail des salariés.

Opération gagnante pour tous les acteurs de l’entreprise.
Au-delà de la fonction qu’ils occupent et des tâches qu’ils exécutent, les salariés trouvent dans leur activité une dimension qui donne à leur travail un véritable sens.

3. Faciliter et encourager l’intelligence et la connaissance collectives.

Qu’est-ce que la hiérarchie,  si ce n’est l’expression d’une relation de supériorité qu’une personne exerce de fait sur une autre personne ou sur un groupe.
Pour autant cette supériorité  dispense-t-elle celui ou celle qui l’exerce, du respect des règles qu’il ou qu’elle impose aux autres?
Les règles sont censées servir un objectif commun; la prospérité de l’entreprise. Plus la structure organisationnelle est complexe, plus elle repose sur divers niveaux de hiérarchie, et plus la conscience de cet objectif commun à tous, se dilue jusqu’à devenir quasi insignifiante.

Or il est important dans l’intérêt de l’entreprise et dans celui de chaque salarié, que vive cette conscience collective.

Concertations, consultations participatives, séances de brain-storming sont autant de moyens d’inviter les salariés dans le cercle vertueux de l’intelligence collective.

C’est ce que Napoleon Hill a appelé en son temps le pouvoir du cerveau collectif .

Emmanuel Druon a structuré l’organisation de son entreprise en petites entités  (de 10 à 30 personnes)  animées par un ou une responsable. Une fois par semaine semaine chaque entité se réunit  pour parler des projets en cours ou exposer des idées dans le cadre du développement ou de la recherche. Et tous les 2 mois l’ensemble du personnel de l’entreprise se réunit avec l’équipe de direction pour un temps d’échange et de conversation.

Cela peut sembler fort simple, et pourtant si efficace ! Chaque salarié se sent reconnu en tant que personne d’abord et en tant que professionnel  ensuite. Chacun a le droit de s’exprimer librement et directement sans avoir à passer par x filtres hiérarchiques.

Les effets constatés sont très forts au niveau de l’ambiance qui règne dans les équipes, mais aussi au niveau de l’engagement de chacun dans la qualité du travail accompli. Les salariés expriment leur fierté de relever les défis des clients, et reconnaissent  avoir retrouvé le goût du travail bien fait et le sens du service de qualité.

4. Porter attention à chacun.

Combien de salariés souffrent d’indifférence et d’isolement sur leur lieu de travail. L’absence de lien de personne à personne, d’attention à l’autre, de bienveillance, de soutien fait doucement mais sûrement le lit du burn-out.

La plupart des gens passent plus de temps sur leur lieu de travail que chez eux, et partage plus d’heures de vie avec leurs collègues qu’avec leur propre famille. Et pourtant beaucoup ignorent tout de la vie de la personne qui travaille en face d’elles, de ses difficultés, de ses peines comme de ses joies.

Attention, écoute, entraide, assertivité font partie intégrante de la culture d’entreprise pour Emmanuel Druon.  Le fait de savoir que l’on sera écouté et soutenu collectivement en cas de difficulté personnelle ou professionnelle, instaure un climat d’estime et de respect entre les salariés, et contribue fortement à faire diminuer l’anxiété et  la nervosité.

Voici ce que dit un salarié de l’entreprise Pocheco  « […] c’est avant tout une entreprise qui donne à ses employés les moyens d’exprimer leur personnalité, sans procédure mais avec débat, sans certitudes mais avec conviction. »

Ces propos expriment très justement l’idée que ce modèle d’organisation est avant tout porté par la volonté d’un homme et d’une équipe: la volonté  d’instaurer un état d’esprit.

On sait à quel point il faut du temps pour faire évoluer les mentalités, faire changer les habitudes, remplacer des modèles inopérants  par d’autres.  Mais lorsque l’on sait que le burn out touche aujourd’hui en France plus de 3 millions de personnes (soit + de 12% de la population active), on peut se demander s’il n’y a pas urgence à ré-humaniser le monde professionnel.

Des solutions existent et sont appliquées ici et là avec succès, pour que l’activité professionnelle ne soit plus vécue comme une contrainte, un enfer, un bagne, mais devienne source de réalisation, de valorisation et d’évolution personnelle pour le plus grand nombre.

 

 

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